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Suisse romande : Trois sites culturels faisant le trait d’union entre le passé et le présent à l’honneur

Suisse romande : Trois sites culturels faisant le trait d’union entre le passé et le présent à l’honneur

  • Trois institutions en Suisse romande font le trait d’union entre le passé et le présent permettant à la jeune génération de mieux connaitre son histoire et qui contribuent au rayonnement de la scène artistique suisse tant sur le plan local qu’international.

Si ces trois lieux sont très différents, ils possèdent néanmoins des points communs : ils sont tous les trois d’emblématiques trophées culturels de la région. En effet, du fait du cadre, de leurs expositions, de leurs collections permanentes, de leur architecture ou de leur histoire, ces lieux méritent d’être mis en lumière. Certes, nous voilà loin des centres d’art contemporains des grandes capitales artistiques européennes ou même suisses, mais ces lieux attirent toute notre attention notamment du fait de leur portée historique. Au-delà de ce sentiment universel qu’est la nostalgie, c’est une occasion de découvrir ou de redécouvrir ces lieux, rendant très proche ce passé si éloigné…

LA FONDATION GIANADDA Á MARTIGNY

Des trésors modernes au pied des montagnes

Le fondateur de cette institution a eu à l’époque une idée qui paraissait complètement dingue : construire un réel édifice dédié à l’art au pied des montagnes, éloigné des centres culturels de la région, dans une ville aussi discrète que Martigny. Pierre Gianadda avait certainement raison, le succès étant là grâce à sa singularité.
Après plus de 40 ans d’existence, la fondation a attiré plus de 10 millions de visiteurs. Certaines des expositions ont rivalisé avec celles des grandes capitales artistiques telles que Paris, Venise, Londres, Zurich, Madrid, New-York etc. Deux expositions par année sont organisées et exposent au public des chefs d’œuvres de collections publiques ou privées.
La sensation lorsque l’on se rend dans ce musée ? Un réel spectacle, teinté d’une lumière agréable avec un arrière fond rouge, l’entrée dans la fondation nous offre un véritable plongeon dans l’art.

Alexander Calder au pied de la Fondation Photo : www.gianadda.ch

Antoni Tàpies, Mural © Michel Darbellay, Martigny

Il ne s’agit pas seulement d’art mais également d’histoire, les deux allant de pair. En effet, le premier étage de la fondation abrite un musée archéologique gallo-romain, exposant les principales trouvailles archéologiques faites à Martigny, l’Octodurus gaulois, puis le Forum Claudii Vallensium romain. Dans une autre partie du musée, au sous-sol, se trouve la plus grande collection consacrée à l’automobile vintage en Suisse. Plus de 50 voitures de marques d’Europe de la fin du XIXe et au début du XXe, dont plusieurs modèles uniques de constructeurs automobiles suisses y sont exposés.
En 2019, le peintre de « l’outrenoir », Pierre Soulages y avait été présenté en majesté dans le cadre d’une rétrospective exposant sept décennies de ses œuvres.

Affiche Soulages Photo : www.gianadda.ch

Un autre événement, lorsque la Fondation a réussi à se procurer en 2017, à l’occasion d’une exposition intitulée « Monet, Hodler, Munch », le célèbre tableau de Claude Monet « Impression, soleil levant » l’une des peintures la plus célèbre du monde et que la plupart des grands musées n’ont jamais réussi à exposer.
D’autres surprises, il y en a tellement eu, en quarante ans, la Fondation ne cessant de déchaîner les passions. Picasso, Gauguin, Matisse, Renoir, De Staël, Giacometti, Zao, Cézanne, et tant d’autres, ont tous été exposés à Gianadda, ce musée étant devenu une référence lorsqu’il en va d’art moderne aujourd’hui et a marqué un tournant dans le milieu de l’art helvétique.

LA FONDATION DE L’HERMITAGE Á LAUSANNE

Des tableaux de maîtres dans une maison de maître

Légèrement en retrait du centre-ville, entouré d’un parc et d’un jardin ouverts sur une baie vitrée surplombant la ville et le lac Léman, c’est un lieu emblématique de la ville de Lausanne.
La Fondation de l’Hermitage se trouve dans une demeure de maître datant de 1850. Une famille de la région, la famille Bugnion avait fait don de cette maison à la ville, une fondation y étant créé afin faire connaître le lieu et d’y organiser des expositions consacrées aux Beaux-Arts deux à trois fois par an.

Vue d’entrée de la Fondation Photo : Fondation de l’Hermitage

La programmation est tournée principalement vers la peinture du XIXe et du XXe siècle. Des expositions monographiques ont eu lieu autour de nombreux artistes de renom comme, Bonnard, Boudin, Brauner, Caillebotte, Derain, Giacometti, Jawlensky, Kupka, Magritte, Marquet, Monet, Redon, Caillebotte, Fantin-Latour, Hopper, Jorn, Miró, etc. D’autres expositions ont eu lieu autour de thématiques particulières comme, « L’impressionnisme américain 1880-1915 », « El modermismo. De Sorolla à Picasso (1880-1918) », « L’âge d’or de l’aquarelle anglaise », ou encore des expositions présentant des collections des musées d’Athènes, de Barcelone, de Grenoble, de de Liège, de Lyon et de Francfort, ainsi que les collections privées Barbier-Mueller, Gould, Planque, Weinberg, Hahnloser, et pleins d’autres encore.
Quant à la collection permanente du musée, cette dernière comprend des centaines d’œuvres qui sont régulièrement exposées. Á l’étage de la maison, le « petit salon bleu », un salon d’époque style Napoléon III décoré de mobiliers, rideaux et papier peint de cette époque a été reproduit de telle sorte que le visiteur se sente dans l’ambiance de l’époque.

Le petit salon bleu Photo : Fondation de l’Hermitage

Au sous-sol, changement de période, une salle d’exposition étant dédiée à des œuvres plus contemporaines. Les différentes pièces, la variété des expositions et l’espace en lui-même, honorant le passé et faisant le lien avec le présent, en fait de cette grande bâtisse a priori statique, un site culturel particulièrement vivant.

Un bal à l’Hermitage, après 1853, huile sur toile marouflée sur toile, 41,5 x 64,4 cm, Lausanne, Fondation de soutien à l’Hermitage, don du Dr Michel Bugnion, 2001 © photo Claude Huber, Lausanne

LA FONDATION GANDUR POUR L’ART Á GENEVE

De chefs-d’œuvre d’antiquité à chefs-d’œuvre contemporains

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© Fondation Gandur pour l’Art, Genève. Photographe : André Longchamp

Des bronzes égyptiens, grecs et romains, des œuvres d’après-guerre, des objets d’art décoratif allant du XXIIe au XVIIIe siècle, et finalement de l’art contemporain africain et celui de la diaspora. Voici de quoi est composée collection de la Fondation Gandur pour l’Art. En effet, cette fondation se distingue par ses divers domaines de prédilections, qui semblent au premier abord assez éloignés les uns des autres, le tout formant un long témoignage de notre histoire.
La collection est gérée depuis plus de 10 ans par une fondation afin de la rendre davantage accessible au public. Cela étant, une majeure partie de la collection est aussi accessible en ligne, les amoureux des arts antiques, pouvant alors par la même occasion découvrir d’autres domaines et époques des arts avec des pièces phares. Bien que la Fondation n’ait pour l’instant pas de lieu d’exposition permanent, les pièces de la collection sont régulièrement prêtées à des institutions en Suisse et partout ailleurs.

Vitshois Mwlilambwe Bondo, Sans Titre, 2011. Collage de papiers imprimés découpés et acrylique sur toile, 200×249.5 cm Collection de la Fondation.

Quant à la collection d’art contemporain africain et de la diaspora, cette dernière rassemble plus de 200 œuvres produites d’artistes venant de l’Afrique du Nord à l’Afrique australe, ainsi que d’artistes vivant hors du continent. Elle contient d’illustres œuvres de l’art africain contemporain notamment « Her Majesty Queen Sophie » évoquant la résistance des domestiques sud-africaines de l’artiste sud-africaine Mary Sibande ou encore « Pure Ali II » de l’artiste ghanéen Godfried Donkor, cette dernière œuvre questionnant la société coloniale et à plus forte raison le traitement des corps des afro-descendants.

Mary Sibande, Her majesty, Queen Sophie, 2010. Archival Digital Print, 110x80cm I 90×60 cm, Ed of 10 Collection de la Fondation.

Godfried Donkor , Pure Ali II , 1999
© Godfried Donkor, Fondation Gandur pour l’Art, Genève. Photographer: Lucas Olivet Collection de la Fondation.

Qu’est-ce qui fait que cette collection se démarque des autres ? Elle y contient un certain nombre d’artistes femmes, ce qui est rare lorsqu’il en va de collection d’art en général et la rend d’autant plus actuelle.
Les collections de la Fondation Gandur pour l’Art nous font voyager à travers les époques, avec une agréable transition, nous amenant in fine là où le vent est en poupe à savoir : la découverte de la grandeur de l’art contemporain africain.

Par Laura Dabo.
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